La guerre en Irak a fait une victime américaine de plus: Donald Rumsfeld, sacrifié par son chef. la définition d'un fusible est "quelqu'un de grade subalterne mais suffisant". Les démocrates ne laissent pas planer l'ambiguité: il faut sortir d'Irak. Et le temps presse: si rien n'a bougé d'ici 2008, les électeurs risquent de ne pas le leur pardonner. tout est donc en place pour un abandon de l'Irak à son sort dans les mois qui viennent.
Conséquence numéro un: il sera difficile d'éviter que ce retrait ne soit pas considéré comme une défaite par tous les observateurs. En moins d'un an, Israël et les USA ont reconnu avoir échoué dans leurs objectifs de campagne au moyen orient. Voilà de quoi booster l'aura de tous les faucons arabes. La paix n'est pas pour demain dans la région.
Conséquence numéro deux: Le Kurdistan va sans doute prendre son indépendance. Le pays est virtuellement indépendant depuis de longues années. Il ne tardera probablement pas à faire officiellement sécession. Deux problèmes subsistent: la turquie ne veut pas en entendre parler et le kurdistan n'a pas de facade maritime pour écouler son pétrole. Mais je fais confiance aux pétroleurs pour trouver une solution
Troisième conséquence: Le reste de l'irak va plus que probablement s'effondrer et se couper en deux morceaux, l'un sunnite et l'autre chiite. Les irakiens ont déjà eu deux trois guerres et un embargo. Si on évite la purification ethnique, on pourra dire qu'on aura eu de la chance.
Quatrième conséquence: les dommages au moral. Après un succès pareil, il est probable que les américains ne sont pas prêts de retenter une aventure extérieure. L'Iran peut maintenant finir tranquillement son programme nucléaire et les voisins de la corée du nord lancer le leur. La seule loi du monde va probablement devenir celle du dollar. ce n'est pas une bonne nouvelle.
"On commence une guerre quand on veut, on la termine quand on peut" disait Machiavel qui recommandait de ne pas se lancer dans une telle aventure sans être sur de gagner et sans savoir ce qu'on ferait après. 500 ans plus tard, on voit que la leçon n'a rien perdu de son intérêt.

et saluons l'intuition de cette leçon de Machiavel par la grande majorité des peuples de la vielle Europe (en particulier les Espagnols, Anglais et Italiens malgré les discours officiels de leurs gouvernements et médias), qui avaient compris l'imbécilité de l'aventure.
Rédigé par: Francois | novembre 26, 2006 à 11:17 AM