La Corée du Nord est donc entrée dans le club des puissance atomiques. La première pensée qui me vient à l'esprit est mon émerveillement devant l'efficacité des services secrets. Et je suis sérieux: la bombe atomique est une technologie qui date des années 40. A cette époque, la télévision n'existait pas, le téléphone c'était le 22 Asnières, les avions étaient à hélices, les chaudières à charbon et les radios à lampes. Que la technologie des bombes A soit restée encore si confidentielle après plus de 60 ans, malgré sa valeur et les convoitises dont elle a fait l'objet, montre bien la qualité du travail de ceux qui sont chargés de la défendre. On n'ose penser combien de dollars, de morts et autres choses inavouables il a fallu pour arriver à ce résultat.
Le revers de cette médaille est que cette technologie est ancienne et donc sensible au reverse engineering. Il faut l'admettre: tout pays qui veut vraiment l'arme nucléaire et est prêt à y consacrer l'argent, les ennuis diplomatiques et le temps nécessaire, y arrivera, aussi pauvre soit il. Avant hier, la France, Israël et la Chine, Hier l'Inde et le Pakistan, Aujourd'hui la Corée du Nord et demain l'Iran. On n'y peut rien, à moins de vitrifier le pays préventivement.
Quelles sont les conséquences du programme nord coréen? A court terme, elles sont probablement minimes. L'histoire prouve que, chez les pays qui ont parcouru ce chemin, à la suite d'une phase d'exhaltation suite à l'atteinte du but recherché, succède assez vite une période d'anxiété: la bombe n'améliore pas la situation économique, le Lobby militaro industriel se retrouve soudain désoeuvré, les voisins commencent leur propre programme, et le pays se retrouve avec des responsabilités majeures sans que sa situation diplomatique ne s'améliore. Le temps où la possession de l'arme vous offrait un siège au conseil de sécurité est révolu, et le Pakistan n'est pas un pays plus important sur l'échiquier politique depuis qu'il a la bombe. Il n'est devenu qu'un problème plus gros.
La mauvaise nouvelle réside dans la sanctuarisation du régime en même temps que le pays. Outre le fait qu'elle envoie un message dangereux aux opresseurs de tout poil, c'est une mauvaise nouvelle pour les populations coréennes qui devront probablement subir dix ou vingt ans de famines et d'oppression supplémentaires puisque personne n'osera plus venir les aider à se débarasser de leur tyran. Mais la Bombe n'empêchera pas plus le régime de Kim Jong-Il de s'écrouler un jour, qu'elle n'a protégé celui de l'URSS. Il ne reste plus qu'à espérer que, quand le régime s'écroulera, l'armée nord coréenne sera aussi efficace que l'armée rouge dans les années 90 et saura éviter que des ogives tombent en de mauvaises mains.

A moins que ce parangon d'humanité ne mette son oeuvre aux enchéres!
Rédigé par: oups | octobre 12, 2006 à 02:05 PM
C'est possible mais assez improbable. Il peut en vendre le design (d'autres l'ont fait et cela ne changera probablement pas grand chose) mais exporter l'arme clef en mains est difficile. Il en a peu, elles sont longues à fabriquer et ça ne se transporte pas si discrètement. Et si elles tombaient en des mains adverses à la Corée, elles pourraient revenir à l'envoyeur.
Kim Jong Il va certainement essayer de monayer son pouvoir de nuisance. mais ses options d'escalade sont limitées surtout compte tenu du fait qu'il est voisin de la chine.C'est l'inconvénient avec l'arme atomique: la riposte graduée n'est pas une option. Ce qui est sur c'est qu'on teste la théorie de Nobel ces temps ci.
Rédigé par: Gendreau | octobre 12, 2006 à 03:45 PM