La carte scolaire donne lieu ces temps ci à une superbe comédie de moeurs ou les hypocrites le disputent aux prédicateurs. J'ai trois enfants, deux ont suivi le public, l'autre le privé et j'en suis arrivé à un certain nombre de conclusions:
1) Le privé n'est en moyenne ni meilleur ni moins bon que le public. Mais il peut, par un marketing auquel le public n'a pas droit, donner l'impression contraire, en particulier en insistant (discrètement, restons politiquement corrects) sur les "fréquentations" et l'environnement socioculturel des futurs condisciples. Sur ce point la fin de la carte scolaire serait plutôt une bonne chose, car elle permettrait aux bons collèges et lycées de lutter à armes égales.
2) Ceux qui ont des grands principes sur la carte scolaire n'ont en général pas d'enfant. Ceux qui ont des enfants, deviennent mystérieusement moins militants quand ces derniers dépassent le cours élémentaire.
3) Les enseignants sont les plus doués pour ce sport. En tant que fils de profs, je me suis retrouvé inscrit à Louis le Grand sans même le savoir. Juste après viennent les hommes de pouvoir et les gens des médias (faites ce que je dis mais pas ce que je fais)
4) Le phénomène s'aggrave avec la baisse générale de niveau qui est perçue par tous les parents et est vécue comme une trahison de la part de l'école publique.
Les tartuffe n'ont pas fini de hanter le débat.

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