C'est dans l'air ces temps ci. On ne tire toujours pas sur les ambulances, mais sur la sécu c'est devenu le sport national. La pauvre est accablée de tous les maux: inefficace, trop chère, mal gérée, aux mains de syndicats qui ne chercent qu'à y recaser leurs permanents, n'en jetez plus!
Du coup certains rèvent de sortir du système et de ne payer que pour ce qu'ils consomment eux et leurs proches. Cette logique de free rider est moralement discutable et politiquement simpliste. Sur le premier qualificatif, je laisse chacun décider si cela le gène ou pas de refuser de payer pour la santé des autres. Sur le second point, je vais argumenter.
La santé publique EST une responsabilité de l'état. Si mon voisin est malade, il peut me contaminer. Toute logique de santé doit donc comporter une part de solidarité sous peine de retomber au moyen age ou des hordes de gueux contaminaient les villes. La logique du chacun pour soi est innaceptable. En revanche, il y a un vrai problème aujourd'hui dans le mélange des genres. Cette solidarité forcée est une dépense sans vraie compensation et qui s'impose à tous, autrement dit un impôt. Elle n'a, c'est vrai, pas à être gérée par les prélèvement sociaux. Elle mérite en revanche un vrai débat. Vouloir s'en affranchir est anti démocratique tant qu'elle a été justement votée.
Sur le problème de l'efficacité, je rejoins les détracteurs: on peut faire mieux. Mais attention, ici aussi, j'exclus le chacun pour soi. tout le monde vous le dira: les meilleurs mutuelles et les moins chères sont les mutuelles obligatoires. La solution la plus simple serait donc de supprimer le monopole de la sécu et d'étendre la mutuelle. La mutuelle serait obligatoire pour les salariés d'une entreprise. Elle serait choisie par le comité d'entreprise pour une durée définie. (Pour les professions libérales, les chomeurs, les retraités, elle serait choisie par le conseil de l'ordre ou par l'Unedic). Un fond commun de garantie gérerait le volet "solidarité" en couvrant la CMU et l'APE, comme cela se passe aujourd'hui dans le domaine automobile.
Un tel modèle aurait de nombreux avantages: il permettrait de bénéficier de l'efficacité du marché, tout en préservant la santé publique. On n'aurait même pas besoin de voter des lois. Il suffirait de baisser drastiquement le montant des cotisations et le niveau de remboursement de la sécu, de rendre la mutuelle obligatoire et d'instaurer une taxe sur les mutuelles pour la part solidarité. La sécu ainsi vidée de sa substance mourrait sans effusion de sang.

Philippe
ton idée revient à ma C3SFAM (Contribution Sociale Suite à la Faillite de l'Assurance Maladie) !
cf http://jdch.blogspot.com/2006/08/adieu-chres-scu-et-unedic.html
Le tout est de savoir qui/quoi provoque ladite réforme.
Rédigé par: JDCh | septembre 16, 2006 à 11:57 AM