En ces temps de rentrée, je voudrais aborder un sujet de saison: l'école. On a déjà tout dit sur ses dysfonctionnements et ses carences et je m'en voudrais d'en rajouter. Je pense en revanche qu'il est plus que temps que nous ayons un vrai débat démocratique sur le sujet. L'éducation de nos enfants est le sujet le plus important qui soit si nous voulons simplement que notre pays (l'Europe ?) ait un avenir. Je voudrais aujourd'hui aborder deux points qui me paraissent majeurs.
Le premier est la délégation de l'autorité. Je relisais récemment un classique de mon enfance, la guerre des boutons. Que raconte t on dans ce livre ? La guerre sans merci que ce livrent deux bandes rivales de deux villages différents. Les deux camps sont d'idéologies différentes, les combats sont violents, l'humiliation des vaincus est réelle avec souvent une connotation sexuelle et tout le monde est macho. En le relisant, on se dit que nos bandes des banlieues ne sont pas si terribles et n'ont en tout cas rien inventé.
Ce qui diffère en revanche, c'est que le maître d'école a l'autorité sur ses élèves. Quand il sévit, les parents suivent. Plus encore, les parents lui ont complètement confié l'autorité nécessaire pour éduquer les gamins et lui font confiance. Aujourd'hui, un maître qui donne un coup de règle sur les doigts d'un gamin risque fort de se retrouver au tribunal accusé de maltraitance.
Il s'agit là d'un vrai problème politique au sens noble du terme. La démocratie; c' est exactement cela: un système où les citoyens abandonnent une partie de leur liberté à une autorité pour le bien commun. Nous acceptons qu'un policier nous colle une amende ou que le percepteur nous écrive mais nous refusons que le maître réprimande nos enfants. L'école ne peut pas fonctionner comme cela. Les maitres ont besoin que les élèves obéissent, et pour cela les enfants doivent les voir comme des figures d'autorité. Je me permets au passage de rappeler que tous les psychologues sont d'accord pour dire que l'enfant a besoin d'autorité pour se construire.
Le deuxième point à aborder est la définition de ce que l'école doit enseigner. Sur ce point les technocrates et les démagogues règnent depuis trop longtemps. Un exemple au hasard: Le niveau de terminale a baissé continument depuis 1970, et les élèves de la filière maths ont maintenant à peine le niveau de leurs grand parents à l'époque de la math'elem. Un autre exemple : Je serai intéressé de savoir comment fait le Wall street institute pour former des gens à l'anglais en quelques semaines et pourquoi l'éducation nationale n'y arrive pas en sept ans.
A ma connaissance, cette situation n'est pas la conséquence d'un choix du parlement. Il serait temps qu'il s'en occupe si on veut que notre pays garde son rang dans le concert des nations développées. C'est sans doute plus important que la privatisation de GDF ou la licence globale.

Bonjour,
Même si je suis un inconditionnel de votre blog depuis peu , je tiens à faire une ou deux remarques sur votre article:
Concernant la délégation de l'autorité, c'est un débat qui reste profond dans la société actuelle, le professeur est-il là pour remplacer les parents? Je suis tout à fait d'accord qu'il faudrait laisser plus de pouvoir au professeur, mais le coeur du problème est plutôt selon moi un abandon de la part des parents.
Concernant le second point, on peut toujours s'améliorer j'en conviens, mais il faut garder aussi à l'esprit que notre éducation est assez enviée jusqu'au BAC (c'est ensuite que le bât blesse...), certes, on continue d'apprendre un anglais académique au lieu d'un anglais pratique, mais il faut esperer que les choses vont dans le bon sens.
Cordialement,
Jean-Sébastien
Rédigé par: Jean-Sébastien LELEU | septembre 29, 2006 à 08:36 AM