Hier avait lieu l'épreuve de rattrapage des cumulatifs à Jussieu. Pour ceux qui ne savent pas ce que c'est, j'explique: les élèves de classes préparatoires passent les concours au bout de deux ans et une certain nombre, pour diverses raisons échouent. Pour leur permettre de ne pas avoir perdu deux ans et de continuer à étudier les sciences, des passerelles ont été prévues. Au moyen d'un examen, ces élèves peuvent intégrer le cursus universitaire.
Dans le cas de Jussieu, il s'est passé ceci: A la session de juin, de ce que je crois savoir, dans le lycée de ma fille qui est bien classé dans les palmarès, l'épreuve était si difficile qu'un seul candidat a été reçu et encore avec juste la moyenne (depuis ce candidat a été admis à Centrale, excusez du peu). A la session de "rattrapage" d'hier, l'épreuve a tellement écoeuré les candidats, qu'ils n'étaient plus que trois dans la salle de mon informateur à la fin de l'épreuve.
Je considère cela comme ridicule. Que Jussieu ait des idées de grandeur, c'est son problème. Je voudrais en revanche souligner que ce n'est pas en écoeurant les étudiants qu'on améliore la réputation d'une université mais en ayant des labos et des professeurs renommés sur le plan international. Organiser un examen pour que tout le monde échoue est un gaspillage idiot. Et penser que ce gaspillage est financé avec mon argent n'améliore pas mon humeur.
La réalité est plus simple et moins reluisante. Les caciques de Jussieu ne veulent pas des "rebuts des classes préparatoires" (l'expression n'est pas de moi). Et comme ils n'osent pas aller expliquer cela à leur ministre, ils ont trouvé ce moyen minable de résoudre le problème. C'est idiot. Ces jeunes ne sont pas particulièrement des rebuts et ils n'ont, en général, pas démérité. Le pays a besoin d'eux puisqu'il parait qu'on manque de scientifiques. Pourquoi ne pas leur donner leur chance de manière impartiale ?
Jussieu doit choisir son camp. Soit elle décide de ne pas ouvrir de recrutement à ces jeunes (c'est son droit) mais dans ce cas, il faut afficher la couleur et l'assumer face aux autorités de tutelle (Les écoles le font et Dauphine se bat pour passer grand établiessement). Soit elle doit se rendre au principe d'équité et ne pas exiger des candidats libres des critères suprieurs à ceux qu'elle exige de ses propres étudiants (ceux -ci restant, évidemment, prioritaires en termes de places disponibles).

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