Je voudrais réagir à l'excellent post de Jean David sur l'Europe. je partage son point de vue sur le fait que l'Europe est en panne et que s'être arrêté à une zone Euro dans une Europe sans direction politique est une aberration. Je suis en revanche moins optimiste que lui sur la capacité de nos candidats et gouvernants quels qu'ils soient à proposer de réelles solutions pour sortir de l'impasse.
Appelons un chat un chat: une europe unie ressemblerait politiquement à un état fédéral. Dans un fédéral standard, (USA, Allemagne, Belgique, Suisse, Australie, pour en citer quelques uns) il y a, entre le citoyen et son pays, trois niveaux politiques: un niveau local, un niveau régional et un niveau fédéral. En France, nous en avons six: la commune, le canton, le conseil général, le conseil régional, le pays et l' Europe. Il y en a trois de trop c'est clair. Mais lesquels ? là est toute la question.
Le sort de la commune est scellé. C'est trop petit pour être efficace et il est temps de passer à des structures plus vastes. L'intercommunalité ou le canton semblent la bonne taille. il faut encourager l'évolution. Cette entité pourrait (devrait) avoir l'autonomie budgétaire, être responsable de la politique locale (infrastructures de vie, urbanisme, police de proximité, et en charge de la fourniture des services de base aux citoyens (perception, tribunaux, ecoles et lycées, services sociaux, hopitaux, etc...)
Le département ne sert à rien. Survivance de l'empire, il avait été défini par la plus grande distance au chef lieu où on peut aller à cheval dans la journée. On peut sans remord accepter l'idée que l'automobile a rendu cette définition obsolète et transférer toutes les prérogatives aux régions. Ces dernières devraient être en charge de la politique de l'emploi, de l'infrastructure régionale, de l'environnement, de l'enseignement supérieur et de tout ce qui concerne l'identité culturelle.
Tout en haut l'Europe, aurait les prérogatives de l'état fédéral: la monnaie et la politique économique, la politique étrangère (incluant la défense), la définition des normes au sens larges (Droit public, fiscal et civil, programmes éducatifs, normes techniques...) les juridictions suprêmes et, bien entendu, la coordination des grands projets d'infrastructures impliquant plusieurs régions.
On me voit venir: il ne reste plus de place pour l'état nation. J'entends déjà les tenants du village gaulois me tomber dessus au nom de l'histoire, de la langue, de l'idée de la nation et autres. Je me contenterai de rappeler que les suisses démontrent depuis plus de 500 ans qu'on peut vivre en paix et prospères dans un même état (fédéral) sans parler la même langue, que la France s'est faite par OPA plus ou moins hostiles de provinces indépendantes et que l'Allemagne, la Belgique l'Irlande la République Tchèque, la Slovaquie, la Slovénie les états baltes et l'Italie sont des créations récentes.
Pourquoi n'y a t'on pas pensé plus tôt ? ce n'est pas la faute de certains états (le processus de régionalisation en Espagne ressemble un peu à cela) ni celui des citoyens (je ne suis pas sur que les jeunes des banlieues ne se sentiraient pas au moins autant européens que français si on leur en donnait l'occasion) ni de nos entreprises pour qui l'europe (le monde?) est le territoire naturel. Alors qu'est ce qui coince ? c'est simple: la peur pour tous nos dirigeants de perdre leur job.
Si l'europe s'unifiait, on aurait 22 fois moins d'ambassadeurs, de chefs d'état major des armées, de présidents de la cour de cassation, de chefs de gouvernement, de directeurs de cabinets, de ministres et même de chefs de l'opposition. Et on compte sur ces mêmes gens, qui ont tout à perdre du changement, pour mener à bien l'évolution nécessaire ? Ils ne sont pas fous. La preuve ? Comment se fait il qu'il n'y ait encore dans aucun des pays de l'Europe, aucun homme politique qui n'ait lancé l'idée d'un parti fédéral transnational ?
Faisons un rêve. Si le parlement de Strasbourg se proclamait assemblée constituante, rédigeait une constitution, la votait et appelait aux urnes pour la faire ratifier par référendum, qui aurait la légitimité pour les en empêcher? Cela s'est déjà vu dans l'histoire....

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D'accord avec ton "post".
Une seule remarque, nos régions sont trop "petites": la Basse-Normandie et la Franche-Comté sont presque des cantons.
Avec 6 régions en France, j'achète le schéma.
Rédigé par: JDCh | juin 24, 2006 à 01:18 PM
En effet... Mais. Nous voici flanqués de 7 niveaux administratifs (Europe, Etat, Régions, Département, Canton, Communaiutés de communes, Communes) Environ 400000 politiques, font cette danse idiote de sur-administration! Objet de bien des dérives. Si l'Europe fédérale venait à naître, il faudrait également simplifier la fusée et lui garder trois étages seulement; vaste débat !
Rédigé par: photon | septembre 19, 2006 à 03:31 PM